Faut-il restaurer ou remplacer ses fenêtres bois anciennes ?

Une fenêtre bois ancienne se juge pièce par pièce avant de se juger d'un bloc. HÉRITAGE BÂTI accompagne les propriétaires d'appartements anciens qui hésitent entre restaurer et remplacer : relevé des menuiseries, repérage des parties saines et des parties à reprendre, choix d'un vitrage adapté, puis démarches auprès de la copropriété et de la mairie. Une fenêtre fait partie de la façade. Ce qui change son aspect se décide donc à plusieurs, et en amont.

Salon ancien vide, deux portes-fenêtres bois à la française ouvertes sur un balcon en fonte, moulures au plafond

Illustration

Lire une fenêtre ancienne avant de décider

La fenêtre des immeubles parisiens du XIXe siècle est le plus souvent une fenêtre à la française : deux vantaux qui s'ouvrent vers l'intérieur, sur des paumelles, et se referment l'un contre l'autre au milieu. Elle se compose d'un dormant, fixé dans la maçonnerie, et d'ouvrants, qui portent le vitrage. En partie basse, une pièce moulurée en saillie, le jet d'eau, rejette la pluie vers l'extérieur.

Le vitrage est divisé par des petits bois, de fines traverses qui tiennent chaque carreau. Le verre est maintenu par un mastic, côté extérieur. Au-dessus des vantaux, une imposte fixe ou ouvrante prolonge souvent la fenêtre jusqu'au plafond.

La fermeture tient à la quincaillerie. L'espagnolette est une tige qui tourne sur elle-même, actionnée par une poignée, et accroche des crochets en haut et en bas. La crémone fait coulisser deux tringles verticales grâce à un boîtier à pignon. Les deux systèmes se rencontrent dans un même immeuble, parfois dans un même appartement.

Ces éléments datent la fenêtre. Leur dessin, la largeur des montants, le nombre de carreaux, la forme du jet d'eau, comptent autant que le bois lui-même. C'est ce dessin que la copropriété et la mairie regardent quand une fenêtre change.

Fenêtre bois à deux vantaux, petits bois et imposte, verre dépoli, dans un séjour ancien rénové
Photo d'un appartement ancien : fenêtre à petits bois surmontée d'une imposte.

Les désordres d'une menuiserie ancienne

Le bois souffre là où l'eau stagne. Les pièces basses, le jet d'eau, la traverse basse de l'ouvrant et l'appui du dormant, sont les premières touchées. Un mastic fendu laisse entrer l'eau derrière le verre. Une peinture écaillée ne protège plus le bois, qui grise puis se ramollit.

Un ouvrant qui frotte ou une crémone qui force signalent une fenêtre qui a bougé ou des ferrures usées. Une fenêtre peut avoir une traverse basse pourrie et un cadre parfaitement sain : le diagnostic distingue ce qui se répare de ce qui ne se répare plus, fenêtre par fenêtre.

Restaurer : ce qui se reprend

Une menuiserie ancienne est démontable. C'est ce qui la rend réparable. Une pièce altérée peut être remplacée seule, ou recevoir une greffe de bois neuf à la place de la partie pourrie. Le jet d'eau se refait au profil d'origine. Les ferrures se déposent, se nettoient, se réajustent ou se remplacent par des modèles de même dessin.

Le vitrage se dépose et se remastique, un joint discret limite les entrées d'air, et la peinture se reprend avec une finition qui protège le bois sans l'enfermer.

À retenir : une fenêtre ancienne se restaure par pièces. La décision se prend après un relevé de chaque menuiserie, pas sur l'impression d'ensemble.

Avant de gratter, il faut penser au plomb. Selon l'INRS, la céruse, pigment au plomb, a été très couramment employée dans les peintures jusqu'en 1948. Les menuiseries, repeintes à chaque génération, en gardent souvent les couches. Le décapage ou le ponçage de ces peintures libère des poussières ou des fumées toxiques et impose des mesures de prévention confiées à des professionnels. Le constat de risque d'exposition au plomb, obligatoire pour vendre ou louer un logement construit avant le 1er janvier 1949, est l'un des premiers documents à réunir.

Améliorer le confort sans tout changer

Garder la fenêtre ne veut pas dire garder le simple vitrage.

Le double vitrage mince remplace le verre d'origine dans l'ouvrant existant. Il demande des feuillures assez profondes, parfois retaillées, et des ouvrants capables de porter un poids supérieur. Le survitrage ajoute un second verre sur l'ouvrant, côté intérieur, sans toucher au verre d'origine. La double fenêtre pose une seconde menuiserie à l'intérieur, dans l'embrasure : la façade ne change pas du tout. Chaque option se mesure à la menuiserie réelle et à l'usage des pièces.

La ventilation doit suivre. Une fenêtre étanche supprime les fuites d'air dont l'appartement profitait. L'arrêté du 3 mai 2007 relatif aux bâtiments existants impose, dans les logements, que les nouvelles fenêtres des pièces principales reçoivent des entrées d'air, sauf si les pièces en disposent déjà. Le même texte fixe une performance thermique minimale pour les fenêtres installées ou remplacées. Il prévoit aussi que ces exigences peuvent ne pas être respectées quand elles contredisent une protection patrimoniale : abords de monuments historiques, sites protégés, secteurs sauvegardés.

Remplacer : à l'identique ou par un autre modèle

Quand les bois sont trop atteints, le remplacement devient la voie raisonnable. Deux cas se présentent.

Le remplacement à l'identique reproduit la fenêtre existante : même matériau, même dessin, même couleur, même partition des carreaux. Les profils sont relevés sur une fenêtre saine, les petits bois en reproduisent le relief, et la largeur des montants suit celle d'origine pour ne pas réduire le clair de vitrage.

Le remplacement par un autre modèle change l'aspect : autre matériau, autre couleur, suppression des petits bois, autre type d'ouvrant. Il ouvre des démarches, décrites plus bas. Un changement de matériau ou la disparition des petits bois sur une seule fenêtre se voit depuis la rue : c'est souvent ce que la copropriété et l'architecte des Bâtiments de France examinent en premier.

Chambre d'angle à pans coupés, portes-fenêtres bois ouvertes sur des garde-corps en fonte, persiennes repliées
Photo d'un appartement ancien : portes-fenêtres à la française et persiennes.

Le cas des bow-windows

Les bow-windows, ces avancées vitrées en encorbellement, appartiennent surtout aux immeubles de la fin du XIXe et du début du XXe siècle. Le règlement de voirie de Paris de 1902 a élargi les saillies permises sur les façades,, ce qui a favorisé les bow-windows. La page consacrée à l'immeuble post-haussmannien en retrace l'histoire.

Leur menuiserie est plus exposée qu'une fenêtre en tableau : les pièces basses reçoivent l'eau de tout le vitrage et les assemblages d'angle travaillent. La structure qui porte l'avancée se lit avant de toucher aux châssis, et l'ingénieur structure partenaire étudie les éléments relevant de sa compétence. En copropriété, le bow-window relève souvent des parties communes, ce qui se vérifie dans le règlement.

Copropriété : l'accord de l'assemblée générale

Dans la plupart des règlements de copropriété, la fenêtre est une partie privative. Son aspect, lui, appartient à la façade. La loi du 10 juillet 1965, en son article 25, soumet à l'assemblée générale l'autorisation donnée à un copropriétaire d'effectuer à ses frais des travaux qui affectent les parties communes ou l'aspect extérieur de l'immeuble. Le syndic et le conseil syndical ne peuvent pas donner cette autorisation à la place de l'assemblée.

Certains immeubles ont adopté un modèle de fenêtre de référence : le règlement de copropriété et les procès-verbaux d'assemblée le disent. Une demande bien préparée joint un descriptif, le dessin de la fenêtre projetée et, si possible, une photo de la façade. La page sur les travaux en copropriété détaille l'inscription d'un projet à l'ordre du jour.

Mairie, architecte des Bâtiments de France et PLU

Côté urbanisme, Service-Public rappelle qu'il faut une déclaration préalable pour remplacer ses fenêtres, ses volets ou une porte donnant sur l'extérieur par un autre modèle. Le délai d'instruction est en principe d'un mois, et en général de deux mois en secteur protégé.

Le secteur protégé change la nature de l'examen. Dans un site patrimonial remarquable ou aux abords d'un monument historique, les travaux soumis à autorisation demandent l'accord de l'architecte des Bâtiments de France. Les abords couvrent, en l'absence de périmètre délimité, les immeubles visibles depuis le monument ou en même temps que lui, à moins de 500 mètres. À Paris, deux plans de sauvegarde et de mise en valeur, celui du Marais et celui d'une partie du 7e arrondissement, encadrent jusqu'au détail des menuiseries. La page rénover dans le 7e arrondissement précise où s'applique ce plan.

Ailleurs dans Paris, le PLU bioclimatique, approuvé le 20 novembre 2024, fixe les règles d'aspect des constructions. Dans les communes voisines, c'est le PLU ou le PLUi en vigueur. Les étapes et les pièces d'un dossier sont décrites dans la page sur les démarches d'urbanisme avant travaux. Le calendrier suit l'ordre habituel : vote de la copropriété, déclaration en mairie, commande des menuiseries.

Information générale à jour au 29 octobre 2026, qui ne remplace pas l'avis de la mairie ou d'un professionnel.

Pour aller plus loin

Les embrasures et les corniches voisines se protègent pendant la dépose : la page sur les moulures et corniches en plâtre aborde les mêmes précautions. Pour situer sa façade, la page sur l'immeuble haussmannien décrit les fenêtres de l'étage noble et des balcons filants. Nous vous recevons sur rendez-vous à Paris 16e, ou organisons une visite sur place pour relever vos fenêtres. FRANCILIA, contractant général, réalise ou fait réaliser les travaux prévus au contrat.

Questions fréquentes

Vos questions

Peut-on garder ses fenêtres anciennes et mieux isoler ?

Souvent, oui. Selon l'épaisseur des bois, on peut poser un double vitrage mince dans l'ouvrant existant, ajouter un survitrage côté intérieur ou installer une double fenêtre dans l'embrasure. La révision des ferrures et un joint entre ouvrant et dormant réduisent aussi les entrées d'air. Le choix dépend de l'état de chaque menuiserie et de la ventilation de l'appartement : cela se vérifie sur place.

Faut-il une autorisation pour changer ses fenêtres ?

Un remplacement par un autre modèle, autre matériau, autre couleur ou autre dessin, demande une déclaration préalable en mairie. En site patrimonial remarquable ou aux abords d'un monument historique, l'architecte des Bâtiments de France donne son accord. En copropriété, les travaux qui affectent l'aspect extérieur de l'immeuble demandent en plus l'autorisation de l'assemblée générale. Le règlement de copropriété peut fixer un modèle de référence.

Peut-on restaurer un bow-window ancien ?

Oui, le plus souvent. Les châssis se reprennent comme une fenêtre en tableau, pièce par pièce, en surveillant les pièces basses et les assemblages d'angle. La structure qui porte l'avancée se regarde d'abord : en cas de désordre, l'ingénieur structure partenaire l'étudie. Le bow-window relevant souvent des parties communes, l'accord de la copropriété se vérifie dans le règlement.

Les peintures de mes fenêtres contiennent-elles du plomb ?

C'est possible si l'immeuble a été construit avant 1949. Selon l'INRS, la céruse a été très couramment employée dans les peintures jusqu'en 1948, et les menuiseries repeintes en gardent souvent les couches. Le constat de risque d'exposition au plomb donne une première réponse s'il existe. Grattage, ponçage et décapage thermique imposent des mesures de prévention confiées à des professionnels.

La méthode

De la première visite au contrat

Notre modèle
  1. 1

    Visite et lecture du bâti

    Époque, structure, planchers, réseaux, règlement de copropriété : ce qui existe décide de ce qui est possible.

  2. 2

    Conception et études

    L’architecte partenaire conçoit le projet ; l’ingénieur structure partenaire étudie ce qui porte.

  3. 3

    Autorisations

    Déclaration préalable ou permis, vote de l’assemblée générale : le calendrier se cale avant le chantier.

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    Un seul contrat

    FRANCILIA, contractant général, signe le contrat, le facture et réalise ou fait réaliser les travaux.

Sources et dates

Mis à jour le 29 octobre 2026.

  • Service-Public, « Quelle autorisation d'urbanisme déposer pour changer ses fenêtres, ses volets ou sa porte ? » (F36762), vérifié le 3 décembre 2024
  • Service-Public, déclaration préalable de travaux (F17578), délais d'instruction, vérifié le 22 octobre 2026
  • Légifrance, arrêté du 3 mai 2007 relatif aux caractéristiques thermiques et à la performance énergétique des bâtiments existants, modifié par l'arrêté du 22 mars 2017 (articles 8 à 15)
  • Légifrance, loi n° 65-557 du 10 juillet 1965 fixant le statut de la copropriété, article 25
  • Code du patrimoine, articles L. 621-30 et L. 621-32 (abords des monuments historiques)
  • Ville de Paris, PLU bioclimatique approuvé le 20 novembre 2024 ; plans de sauvegarde et de mise en valeur du Marais et du 7e
  • INRS, ED 6374, « Interventions sur les peintures contenant du plomb »
  • Service-Public, constat de risque d'exposition au plomb (F1142)