Créer une trémie dans un plancher ancien pour poser un escalier

Créer une trémie, c'est ouvrir un plancher pour y loger un escalier, le plus souvent afin de relier deux niveaux d'un duplex ou de monter vers des combles. Dans un immeuble ancien, l'opération interrompt des solives ou des poutrelles dont les charges doivent être reportées ailleurs. Un ingénieur structure conçoit ces renforts au cas par cas, selon la nature du plancher. En copropriété, le plancher peut être une partie commune. HÉRITAGE BÂTI accompagne ces projets, de l'étude à l'accord de l'assemblée.

Escalier en bois en cours de pose, vu du niveau inférieur, montant vers une trémie ouverte dans le plancher

Illustration

Ce qu'est une trémie, et ce qu'elle change

Le CSTB définit la trémie comme une ouverture réservée dans un plancher ou une toiture, par exemple pour un escalier. En limite de cette ouverture, les solives interrompues s'assemblent dans une pièce appelée chevêtre. C'est lui qui reprend ce que les solives coupées ne portent plus.

Percer un plancher n'est donc pas seulement découper un vide. Les solives ou les poutrelles interrompues portaient une part du plancher : leurs charges doivent être reportées sur les éléments voisins. La descente de charges change, et les appuis de ces éléments voisins reçoivent davantage. Comme pour toute ouverture dans la structure, un ingénieur structure conçoit les renforts nécessaires, ce que rappelle l'Agence qualité construction.

Bois, métal ou béton : chaque plancher a sa logique

Les planchers anciens ne se ressemblent pas. Les plus anciens sont en bois, à solives. D'autres sont à poutrelles métalliques, avec un remplissage entre les poutrelles. Plus tard viennent les planchers en béton. Chaque type se traite différemment, et un même immeuble peut en mêler plusieurs, au gré des transformations.

Dans un plancher bois ancien, l'analyse tient compte des éléments dégradés qui ont pu reporter leurs charges sur d'autres (CSTB). Une solive affaiblie par l'humidité ou une ancienne entaille peut avoir transféré son rôle à sa voisine sans que rien ne se voie en surface. Un plancher industrialisé, lui, ne doit jamais être modifié sans étude (CODIFAB).

La page consacrée à l'immeuble post-haussmannien et ses planchers présente les planchers à poutrelles métalliques et les premiers planchers en béton armé. La composition réelle d'un plancher se vérifie sur place, par l'ingénieur structure.

Une étude avant tout percement

Les règles de l'art des planchers bois, les DTU, visent la construction neuve. Dans l'ancien, chaque trémie s'étudie au cas par cas. L'ingénieur structure partenaire identifie la nature du plancher, son état, le sens de portée des solives ou poutrelles, et la position de la trémie par rapport aux murs. Il conçoit le chevêtre, les renforts et leurs appuis.

Les appuis méritent une attention particulière. Une mauvaise réalisation des appuis est une cause connue de fissuration (AQC). Un renfort bien dimensionné mais mal appuyé ne remplit pas son rôle.

Sur le chantier, l'étaiement vient avant toute découpe. Prévention BTP rappelle que les étais se choisissent selon la hauteur et la charge à reprendre, et que l'enjeu est d'éviter le risque mortel d'effondrement des planchers. Ces étapes suivent l'étude et sont réalisées par des professionnels assurés pour ces travaux. Les mêmes principes valent pour une ouverture de mur porteur, souvent combinée avec une trémie dans les projets de duplex.

Un cas étudié dans le 16e : une trémie entre sous-sol et rez-de-chaussée

L'immeuble est un R+5 du 16e arrondissement. Ses façades sont en maçonnerie ; à l'intérieur, des poteaux mixtes acier-béton sont reliés en tête par des poutres mixtes. Le plancher qui sépare le sous-sol du rez-de-chaussée est une dalle continue en béton armé de 22 cm, qui porte entre la façade et une poutre mixte. Le sous-sol repose sur un dallage en béton armé.

Le projet demandait une trémie de 3,50 × 3,20 m pour relier les deux niveaux par un escalier. Le diagnostic a trouvé une dalle en bon état ; la difficulté venait de la taille de l'ouverture, sous des charges et une portée importantes. Une fois la dalle découpée, ses charges doivent trouver un autre chemin.

L'étude de l'ingénieur structure partenaire a prévu une structure support en charpente métallique, avec ses propres fondations. Un cadre métallique entoure la trémie. Il s'appuie sur la poutre mixte et sur un poteau béton existants, et descend au sol par de nouveaux poteaux posés sur des semelles en béton armé. Les assemblages sur l'existant sont dessinés un par un : cornières, platines, tiges M12 scellées chimiquement.

Les points de vigilance tiennent à la méthode de découpe de la dalle et à l'exécution des assemblages, sous étaiement. Les dimensions et les détails sont contrôlés contre l'étude.

Schéma du renfort de trémie : cadre métallique autour de l'ouverture, poteaux sur semelles en béton armé
Schéma de principe, sans valeur d'exécution : le cadre et ses fondations.
Sous-sol étayé sous la dalle en béton armé, poutre métallique posée avant la découpe de la trémie
Photo du chantier : la dalle étayée avant la découpe.
Détails des assemblages de la trémie : cornière sur la poutre existante, platines et tiges scellées
Plan de l'ingénieur structure : détails d'assemblage sur l'existant.

Protéger le vide

Une trémie crée un vide entre deux niveaux. Le Code de la construction pose un principe général : les bâtiments sont conçus pour éviter les chutes de hauteur dans un usage normal (article L134-12). La protection de ce vide ne s'improvise donc pas en fin de chantier. Elle se conçoit dès le projet.

L'architecte partenaire dessine ensemble l'escalier, le garde-corps et les abords de la trémie. Le tracé de l'escalier dépend de la place disponible et de la position des solives ; le garde-corps dépend de l'escalier et de l'usage des pièces. Concevoir ces éléments dès l'étude évite de découvrir trop tard qu'une marche ou un garde-corps ne trouve pas sa place.

Copropriété : à qui est le plancher ?

La réponse figure dans le règlement de copropriété et l'état descriptif de division. Selon ces documents, le plancher entre deux lots peut être une partie commune. Dans ce cas, le percer demande l'accord de l'assemblée générale avant les travaux, à la majorité de l'article 25, ou à la double majorité de l'article 26 s'il y a appropriation d'une partie commune (Service-Public).

Des travaux faits sans accord sont irréguliers et peuvent aller jusqu'à la démolition. Même lorsque les deux niveaux appartiennent au même propriétaire, la question du statut du plancher se pose. Les majorités et la manière de présenter sa demande sont détaillées sur la page travaux en copropriété.

Assurances : ce qui est obligatoire

L'assurance dommages-ouvrage est obligatoire avant des travaux de rénovation importante, par exemple une modification de la structure (Service-Public). Créer une trémie modifie la structure du plancher. L'assurance se souscrit donc avant l'ouverture du chantier.

L'entreprise qui réalise les travaux remet son attestation d'assurance décennale avant le chantier. Il est utile de vérifier que les activités couvertes incluent bien les travaux de structure prévus.

Les projets qui demandent une trémie

Le cas le plus fréquent est le duplex : relier deux niveaux d'un même appartement, ou deux appartements superposés achetés pour n'en faire qu'un. La trémie accueille alors l'escalier intérieur, et le projet pose aussi des questions d'acoustique, d'étanchéité et de réseaux. La page réunir deux appartements détaille ce cas, qui combine travaux et actes de copropriété.

Autre usage courant : créer un escalier vers des combles ou vers un lot du dessous. Sous les toits d'un immeuble ancien, d'anciennes chambres de service peuvent ainsi rejoindre l'appartement de l'étage inférieur. Chaque projet dépend du plancher, de la copropriété et, pour les combles, des règles d'urbanisme : cela se vérifie sur place, par l'ingénieur structure, puis à l'adresse.

Sous les hauts plafonds, une trémie n'est pas la seule option : l'article sur une mezzanine sous les hauts plafonds haussmanniens en examine les conditions.

Où nous accompagnons ces projets

Les projets de duplex et de trémie que nous accompagnons se situent notamment à Paris 16e, à Paris 17e, à Neuilly-sur-Seine et à Boulogne-Billancourt. Pour les planchers du tournant du siècle, l'article sur les planchers métalliques des immeubles 1900 complète cette page.

Questions fréquentes

Vos questions

Peut-on créer une trémie dans un plancher ancien ?

Oui, dans de nombreux cas. Le plancher peut être en bois, à poutrelles métalliques ou en béton, et chaque type se traite différemment. La faisabilité dépend de son état, du sens des solives ou poutrelles, de la position de la trémie et des murs qui reçoivent les charges. Elle dépend aussi du statut du plancher dans le règlement de copropriété. Cela se vérifie sur place, par l'ingénieur structure.

Faut-il un ingénieur structure ?

Oui. Créer une trémie interrompt des solives ou des poutrelles, et leurs charges doivent être reportées sur les éléments voisins. Un ingénieur structure conçoit les renforts nécessaires, comme pour toute ouverture dans la structure. Les règles de l'art des planchers bois visent le neuf : dans l'ancien, chaque trémie s'étudie au cas par cas. Sa note sert aussi au dossier présenté à l'assemblée générale.

Faut-il l'accord de la copropriété ?

Souvent, oui. Selon le règlement de copropriété, le plancher entre deux lots peut être une partie commune. Le percer demande alors l'accord de l'assemblée générale avant les travaux, à la majorité de l'article 25, ou de l'article 26 en cas d'appropriation d'une partie commune. Des travaux sans accord sont irréguliers et peuvent aller jusqu'à la démolition. Cela se vérifie dans le règlement de copropriété.

Une trémie fragilise-t-elle le plancher ?

Une trémie modifie la manière dont le plancher porte : les solives interrompues ne reprennent plus leurs charges. Une trémie étudiée est conçue pour que le chevêtre et les renforts reprennent ces charges et les transmettent à des appuis capables de les recevoir. C'est tout l'objet de l'étude de l'ingénieur structure, puis d'une exécution conforme à cette étude.

La méthode

De la première visite au contrat

Notre modèle
  1. 1

    Visite et lecture du bâti

    Époque, structure, planchers, réseaux, règlement de copropriété : ce qui existe décide de ce qui est possible.

  2. 2

    Conception et études

    L’architecte partenaire conçoit le projet ; l’ingénieur structure partenaire étudie ce qui porte.

  3. 3

    Autorisations

    Déclaration préalable ou permis, vote de l’assemblée générale : le calendrier se cale avant le chantier.

  4. 4

    Un seul contrat

    FRANCILIA, contractant général, signe le contrat, le facture et réalise ou fait réaliser les travaux.

Sources et dates

Mis à jour le 27 octobre 2026.

  • CSTB, définitions de la trémie et du chevêtre ; analyse des planchers bois anciens
  • Agence qualité construction (AQC), ouvertures dans la structure et fissuration liée aux appuis
  • CODIFAB, modification des charpentes et planchers industrialisés
  • Code de la construction et de l'habitation, article L134-12
  • Prévention BTP, étaiement et risque d'effondrement des planchers
  • Service-Public, travaux en copropriété (F31513) ; assurance dommages-ouvrage (F2032)