Faut-il vérifier les anciennes carrières avant des travaux à Paris ?
Oui, dès que le projet touche aux fondations, ajoute des charges ou crée de la surface. Le sous-sol de Paris et de plusieurs villes des Hauts-de-Seine comporte d'anciennes carrières de calcaire ou de gypse, et l'Inspection générale des carrières renseigne sur le sous-sol d'une adresse. HÉRITAGE BÂTI accompagne les projets en intégrant cette vérification dès les études préalables, avec l'ingénieur structure partenaire. Pour un simple réaménagement intérieur sans charge nouvelle, la question se pose rarement de la même façon.

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- Auteur
- Ilann Atlan
- Rubrique
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- Publié le
- 18 octobre 2026
- Lecture
- 4 minutes
Un sous-sol creusé pour bâtir la ville
Pendant des siècles, Paris a extrait de son propre sous-sol la pierre et le plâtre qui l'ont construite. Le calcaire servait aux façades et aux murs, le gypse à fabriquer le plâtre. Ces exploitations ont laissé des vides, des galeries et des zones remblayées, parfois sous des quartiers construits plus tard.
Selon la Ville de Paris, les anciennes carrières de calcaire grossier se rencontrent notamment dans le 15e et le 6e arrondissement. Le risque est aussi signalé dans d'autres secteurs, dont le 16e. Dans les zones concernées, l'Inspection générale des carrières fixe des conditions particulières aux constructions.
Le propriétaire du sol est propriétaire du sous-sol. C'est à lui de se prémunir contre ce risque, ce qui donne tout son sens à une vérification préalable.
Ce que délivre l'Inspection générale des carrières
L'Inspection générale des carrières publie un atlas des carrières souterraines. Elle délivre surtout un renseignement sur le sous-sol d'une adresse. À Paris, ce renseignement coûte 10 euros et s'obtient en moins de 8 jours en ligne. C'est un tarif public, fixé par la Ville.
Ce document situe l'adresse par rapport aux zones de carrières connues et indique les éventuelles prescriptions. Il ne remplace pas une étude géotechnique, mais il dit si elle s'impose et ce qu'elle devra examiner. Pour un acquéreur comme pour un propriétaire qui prépare des travaux lourds, c'est l'une des premières pièces à réunir.
Dans les Hauts-de-Seine, des périmètres qui valent plan de prévention
La question ne s'arrête pas aux limites de Paris. Plusieurs communes des Hauts-de-Seine sont concernées, avec des documents propres.
À Issy-les-Moulineaux et à Sèvres, un périmètre de risques liés aux anciennes carrières, fixé en 1985, vaut plan de prévention des risques. À Issy, l'Inspection générale des carrières délivre un renseignement à partir des références cadastrales. À Saint-Cloud, le plan de prévention des risques de mouvements de terrain, approuvé le 2 juin 2006, couvre les anciennes carrières à ciel ouvert et souterraines, ainsi que les éboulements et instabilités de pente. À Courbevoie, un périmètre de risque lié aux carrières, qui vaut plan de prévention des risques, est publié par la préfecture. Meudon est également concernée.
Dans ces communes, le retrait-gonflement des argiles et, selon les secteurs, les remontées de nappe s'ajoutent souvent au risque de carrières. Le zonage exact se vérifie à l'adresse, sur les plans des documents en vigueur. Les pages consacrées à Issy-les-Moulineaux, à Sèvres et à Saint-Cloud détaillent ces règles locales.
Quels travaux sont concernés
Le sous-sol compte dès que le projet modifie ce que le sol doit porter, ou la manière dont il le porte.
La surélévation est le cas le plus évident. Avant tout projet, il faut vérifier la capacité portante des fondations et la descente des charges dans la structure existante. Le diagnostic géotechnique examine le sol, sa capacité portante, le retrait-gonflement des argiles, les cavités et les réseaux enterrés. Si les fondations sont insuffisantes, elles se renforcent par reprise en sous-œuvre. La page surélévation et extension présente ces étapes.
L'extension d'une maison, la création ou l'approfondissement d'une cave, une reprise en sous-œuvre ou une piscine posent la même question, à des degrés divers.
À l'inverse, la rénovation intérieure d'un appartement, sans charge nouvelle significative ni intervention sur les fondations, n'appelle pas en général d'étude du sous-sol. Une ouverture de mur porteur ou une trémie modifient la descente de charges dans l'immeuble, mais leurs effets sur le sol se jugent avec l'ingénieur structure. Ce qui relève de chaque projet se vérifie au cas par cas.
Les signes à ne pas ignorer
Certains indices invitent à se renseigner, même sans projet lourd. Des fissures qui s'ouvrent en escalier dans les murs de cave ou de façade, des portes qui se mettent à frotter, un affaissement localisé dans une cour, une fissuration qui évolue d'une saison à l'autre.
Ces signes ont beaucoup de causes possibles : tassement, humidité, corrosion de profilés métalliques, ancienne modification de la structure. Les anciennes carrières n'en sont qu'une parmi d'autres. Leur interprétation relève d'un diagnostic, et un renseignement sur le sous-sol aide à orienter la recherche.
Où placer la vérification dans un projet
La vérification du sous-sol se place au tout début, avant le dessin. Un projet de surélévation dessiné avant de connaître le sol risque d'être redessiné, voire abandonné. Le renseignement de l'Inspection générale des carrières, puis si besoin l'étude géotechnique, nourrissent l'étude de l'ingénieur structure partenaire, qui conclut sur les fondations.
Un premier repérage est possible avec l'outil de diagnostic de surélévation. Dans le 15e, où la Ville cite explicitement les carrières, la page Paris 15e rassemble les autres règles de l'arrondissement, du PLU au risque d'inondation.
Information générale à jour au 27 octobre 2026, qui ne remplace pas l'avis de la mairie ou d'un professionnel.
Sources et dates
- Ville de Paris, sous-sols et anciennes carrières ; renseignement de l'Inspection générale des carrières
- DRIEAT, plan de prévention des risques de mouvements de terrain de Saint-Cloud, approuvé le 2 juin 2006
- Préfecture des Hauts-de-Seine, périmètres de risques liés aux anciennes carrières
- Géorisques, information sur les risques à l'adresse
- AQC et Anah, diagnostics préalables à une surélévation
Questions fréquentes
Vos questions
Comment savoir si mon immeuble est sur d'anciennes carrières ?
À Paris, l'Inspection générale des carrières délivre un renseignement sur le sous-sol d'une adresse, pour 10 euros, en moins de 8 jours en ligne. Elle publie aussi un atlas des carrières. Dans les Hauts-de-Seine, les périmètres de risques liés aux carrières et les plans de prévention se consultent auprès de la commune, de la préfecture ou sur Géorisques. Le zonage exact se vérifie à l'adresse.
Faut-il une étude de sol pour rénover un appartement ?
En général, non, tant que les travaux restent intérieurs et n'ajoutent pas de charge significative ni n'interviennent sur les fondations. En revanche, une surélévation, une extension, une reprise en sous-œuvre ou la création d'une cave appellent un diagnostic géotechnique, surtout en zone de carrières. L'ingénieur structure dit ce que le projet exige.
Une zone de carrières interdit-elle une surélévation ?
Pas forcément. Dans les zones concernées, l'Inspection générale des carrières fixe des conditions particulières, et les plans de prévention peuvent imposer des prescriptions. Le projet doit les respecter, ce qui peut exiger des études et des renforts de fondations. La faisabilité se décide après le renseignement sur le sous-sol, l'étude géotechnique et l'étude de structure.
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